Salut ! Nous sommes le mardi 28 juillet et voici MoneyStack, la sélection des meilleurs contenus par Kessel.
Avant ça : sur YouTube, le prof Sociologeek fait chaque année un top passionnant de ses meilleures lectures. Cette année, il place Quand la connerie économique prend le pouvoir de Jacques Généreux à la quatrième place. Le livre du prof à Sciences Po offre des grilles de lecture pour comprendre comment la "banalité de la bêtise" s'est infiltrée dans le débat public.
LES FDE, NOUVEAUX ROIS DE PARIS (MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS ?)
LES FDE, NOUVEAUX ROIS DE PARIS (MAIS POUR COMBIEN DE TEMPS ?) Un sigle envahit LinkedIn et les couloirs parisiens de la tech. Le FDE, ou "forward deployed engineer", désigne ces ingénieurs postés directement chez les clients pour coder en direct plutôt que de vendre des slides. Le terme, forgé par Palantir dans les années 2000, cartonne depuis 2024 sur LinkedIn. C'est le troisième métier IA le plus recherché, derrière "ingénieur IA" et "ingénieur en machine learning".
L'attrait est aussi financier. Aux États-Unis, un FDE touche entre 150 000 et 300 000 euros par an. À Paris, la fourchette tombe à 70 000-160 000 euros. Deux tiers des recrutements ciblent la Gen Z.
Sauf que le vernis marketing craquelle déjà. Un entrepreneur parisien avoue renommer ses consultants "FDE" par simple effet de mode. Vincent Luciani, cofondateur d'Artefact, pointe carrément l'écart entre la promesse et la réalité terrain. À San Francisco, un observateur va plus loin, le métier serait déjà passé de mode dans la Silicon Valley qui l'a vu naître.
Les Échos
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A TOUTES FINS UTILES
A TOUTES FINS UTILES 🚴 TOUR DE FRANCE : Voiron paie près de 300 000 euros pour accueillir deux étapes en juillet, marché hebdomadaire annulé et centre-ville fermé trois jours. ASO, la société qui organise la course, promet jusqu'à 10 euros de retombées par euro investi. Sauf que ces études... viennent d'ASO elle-même, jamais d'un organisme indépendant.
Filite
🤖 MALÉDICTION DE L'IA : selon la Fed de Saint-Louis, les investissements liés à l'IA ont représenté près de 39% de la croissance du PIB américain sur les neuf premiers mois de 2025. Si les États n'ont plus besoin de nos impôts ni les entreprises de notre travail, quel pouvoir nous reste-t-il ? Certains économistes parlent déjà d’une “malédiction de l’IA” comparable à la “malédiction des ressources naturelles”.
Tech Trash
📱 MON PETIT PRONO : +340% de téléchargements et 80 000 ligues créées en huit jours, appli numéro un de l'App Store pendant le Mondial. L’application a été rachetée par la Ligue de Football Professionnel (LFP) en 2022, alors que l’organisation voulait encore poursuivre ses fondateurs quelques mois plus tôt. En coulisses, chaque pronostic dévoile votre club, votre fidélité, votre fréquence de connexion : des données que la LFP juge parfois plus précieuses que les droits TV. Reste à voir si les fans d'un mois deviendront des supporters de toute une saison.
Kopa Club
🛢️ RAFFINAGE : Environ 10% des capacités mondiales de raffinage sont à l'arrêt. En cause : les drones ukrainiens qui frappent les raffineries russes, faisant chuter les exportations russes de diesel de 800 000 barils par jour à zéro. Curieux quand même, le baril reste sous les 100 dollars alors que c'est le manque de diesel, pas le prix du brut, qui menace vraiment l'économie réelle.
L’actu finance & immo
🚨 TRUTH SOCIAL : TMTG, la société qui édite le réseau social de Trump, lance un flux payant donnant un accès en temps réel aux posts de dix comptes politiques majeurs, dont celui du président. Le tarif grimpe jusqu'à 100 000 dollars par mois, et cinq fonds de trading haute fréquence ont déjà signé. Ces avant-premières discutables déclenchent déjà l’ire d’élus des deux bords, qui réclament désormais une enquête de la SEC, le gendarme boursier américain.
Morning Brew
🤖 IA CHINE-USA : Thinking Machines, la startup de l'ex-CTO d'OpenAI Mira Murati, a construit son premier modèle en s'appuyant sur DeepSeek-V3 et Kimi K2.5, deux modèles chinois. Coïncidence ? Anthropic dénonçait le même jour la "distillation" de ses modèles par des labos chinois comme Zhipu. En parallèle, Apple vient d'obtenir l'accord de Pékin pour lancer Apple Intelligence en Chine avec les modèles Qwen d'Alibaba et Ernie de Baidu, deux entreprises classées "liées à l'armée chinoise" par le Pentagone.
Rest of World
🇪🇺 GUERRE COMMERCIALE : Trump ouvre une enquête commerciale contre l'UE après une amende de 890 millions d'euros infligée à Google au titre du Digital Markets Act. Bruxelles ouvre la porte au dialogue, mais un eurodéputé redoute déjà une nouvelle escalade transatlantique.
Euronews
📈 ACTIONNARIAT : aux États-Unis, 46% des actifs financiers des ménages sont investis directement en actions et fonds, contre seulement 16% en moyenne dans l'UE, et 6% aux Pays-Bas. Étonnant, non ? Ce dernier c
🔍 Décryptage : C'est inédit, une IA d'OpenAI a piraté de sa propre initiative une entreprise Les faits ➡️ Pour comprendre ce qu'il s'est passé, il faut remonter au 16 juillet. Ce jour-là, Hugging Face, une plateforme qui héberge des millions de modèles d'IA publics, a annoncé avoir été victime d'un piratage inédit. Dans son communiqué, l'entreprise explique que l'attaque s'est déroulée à une vitesse exceptionnelle, avec très peu, voire aucune intervention humaine. En moins de 2 jours, près de 17 000 actions auraient été menées pour pénétrer ses systèmes et voler des informations. 🤖 Une semaine plus tard, OpenAI, l'éditeur de ChatGPT, a reconnu publiquement que l'attaque provenait de deux de ses modèles d'IA : GPT-5.6 Sol et un autre modèle décrit comme "encore plus performant". Selon OpenAI, ces modèles participaient à un test destiné à évaluer leurs capacités de piratage. Pour ce type d'expérience, les IA sont normalement isolées.
La Chine vient peut-être de trouver son nouveau champion technologique. Pour sa première journée à la Bourse de Shanghai, le fabricant de puces mémoire CXMT a vu son action bondir de 465,8%, après avoir brièvement dépassé les 500% en séance. Autrement dit, un investissement de 1 000 euros au prix d'introduction aurait théoriquement valu plus de 5 600 euros quelques heures plus tard. Fondée en 2016 dans la province chinoise de l'Anhui, ChangXin Memory Technologies, plus connue sous le nom de CXMT, fabrique des puces mémoire DRAM. Ces composants permettent aux ordinateurs, aux smartphones et surtout aux serveurs d'accéder rapidement aux données qu'ils utilisent. Pour faire simple, le processeur réalise les calculs, tandis que la mémoire DRAM conserve temporairement les informations dont il a besoin. Sans elle, même la puce d'intelligence artificielle la plus puissante passerait une bonne partie de son temps à attendre. Et dans l'industrie de l'IA, attendre n'est visiblement pas au programme. Grâce à son introduction en Bourse, CXMT a levé 66,6 milliards de yuans, soit environ 8,6 milliards d'euros. Il s'agit de la plus importante introduction boursière jamais réalisée par une entreprise technologique en Chine continentale, devant le fabricant de semi-conducteurs SMIC en 2020. L'enthousiasme des investisseurs a propulsé la valorisation de CXMT jusqu'à 3 500 milliards de yuans, soit environ 453 milliards d'euros. L'entreprise est ainsi devenue, dès sa première séance, la société la plus valorisée de Chine continentale, devant la banque géante ICBC. CXMT a donc mis moins d'une journée pour dépasser une institution bancaire fondée plusieurs décennies plus tôt. Cette envolée s'explique par la place stratégique occupée par l'entreprise. CXMT détient près de 8% du marché mondial des mémoires DRAM, ce qui en fait le quatrième fabricant mondial derrière les sud-coréens Samsung Electronics et SK Hynix, ainsi que l'américain Micron. Jusqu'ici, le marché des mémoires était donc presque entièrement dominé par la Corée du Sud et les États-Unis. Avec CXMT, Pékin veut montrer que la Chine n'est plus seulement cliente ou assembleuse de composants étrangers : elle souhaite désormais fabriquer elle-même les technologies essentielles au fonctionnement de l'économie IA. Le contexte est particulièrement favorable. Les géants de la tech construisent des centres de données toujours plus grands pour entraîner et faire fonctionner leurs modèles d'intelligence artificielle. Ces infrastructures consomment énormément de processeurs, mais aussi des quantités gigantesques de mémoire. Résultat : la demande explose, tandis que l'offre peine à suivre. Cette pénurie fait grimper les prix des puces mémoire, les bénéfices des fabricants… et visiblement l'imagination des investisseurs. Samsung, SK Hynix et Micron ont déjà largement profité de cette tendance. L'IA a propulsé leur valorisation à des niveaux historiques, et CXMT espère désormais participer au banquet. L'entreprise attire même l'attention au-delà de la Chine. Selon plusieurs médias spécialisés, Apple testerait actuellement certaines puces DRAM de CXMT pour éventuellement les intégrer à ses appareils. Une perspective importante, car devenir fournisseur d'Apple peut offrir des volumes considérables et une reconnaissance mondiale. La situation reste toutefois politiquement sensible. CXMT figure sur une liste du Pentagone regroupant des entreprises chinoises soupçonnées d'entretenir des liens avec l'armée. Cela n'interdit pas automatiquement aux entreprises américaines de travailler avec elle, mais les relations technologiques entre Washington et Pékin restent extrêmement tendues. CXMT a donc réussi son entrée en Bourse avec la discrétion d'une fusée au décollage. Reste maintenant à savoir si l'action va continuer de grimper… ou si les investisseurs ont déjà mis beaucoup trop de mémoire dans leurs rêves.
Guerre commerciale 3.0 : un nouveau mur tarifaire, durable cette fois · Avec l'expiration, le 24 juillet, du tarif douanier uniforme de 10% prévu par la Section 122, le passage aux tarifs des Sections 301 et 338 ramènera le tarif douanier moyen américain à l'importation au-dessus du niveau de l'ère IEEPA de 2025, à 12,4%, contre un point bas de 7,7% en mai . Et cette fois, elle devrait tenir : la Section 301 impose des enquêtes formelles de l'USTR, difficiles à contester en justice, et ces droits survivent aux administrations (dossier chinois de 2017 déjà en deuxième révision). S'y ajoutent les droits de la Section 232 sur quelques secteurs (automobile, acier, aluminium, pharmacie), les produits d'IA restant épargnés (moins de 5%) grâce aux exemptions pour Taïwan et la Corée du Sud. · Jusqu'ici, le commerce mondial résiste mieux que craint : les pertes à l'export 2025 s'établissent à 74 Md USD, bien en deçà des 124 Md anticipés, avec 57 Md attendus en 2026, l'anticipation des commandes, les réacheminements, les décalages d'expédition et les exemptions amortissant le choc. Mais avec la guerre commerciale 3.0, le basculement sera structurel. La Chine (+13 pts à 35%), les Émirats (+7 pts à 22%), le Brésil (+8 pts à 20%) et le Vietnam (+8 pts à 15%) subissent les plus fortes hausses ; Royaume-Uni, Afrique du Sud, Taïwan et Philippines restent préservés (4-7%). La part chinoise des importations américaines s'est effondrée de 21% (2016) à 9% (2025), quand celle de l'ASEAN passait de 7% à 14%. · Le choc inflationniste des droits de douane aux États-Unis s'estompe, mais une deuxième vague se prépare déjà. Largement répercutée, la vague du premier semestre 2025 verra son effet tomber près de zéro au second semestre 2026 (+0,3 pt sur l'année). Mais la trêve sera courte : les Sections 301 et 338 porteront le taux effectif à 12,4% d'ici le 4ᵉ trimestre 2026, ravivant les prix en 2027 (+0,4 pt, pic à +0,5 pt au 2ᵉ trimestre) et maintenant l'inflation sous-jacente à +2,7%, quand l'inflation totale reflue à +2,2% grâce à l'énergie. Côté marges, la compression est passée : jusqu'à -5,5% sur les biens taxés, au creux du 3ᵉ trimestre 2025, mais la reprise est inégale : les industriels rebondissent, distributeurs, grossistes et transport restent sous pression. · La Section 301 est désormais au cœur du jeu, mais la guerre commerciale est loin d'avoir sifflé la fin du match. Elle s'impose sur fond de géopolitique : Vietnam et Allemagne font l'objet de nouvelles enquêtes (propriété intellectuelle, prix des produits pharmaceutiques), la Section 338 offrant un levier plus réactif. À surveiller : dépenses de défense de l'OTAN (ex. Espagne), réacheminement chinois via l'Asie et surtout taxes sur les services numériques, un droit de 100% porterait le taux effectif de l'UE à 52% (60 Md$ d'exportations). S'y ajoutent les contrôles à l'export sur les modèles d'IA (épisode Anthropic Fable 5 / Mythos 5) et le passage de l'USMCA à des révisions annuelles jusqu'en 2036, ouvrant des failles sur les règles d'origine automobiles et le contenu chinois.
Le prix de la fragilité politique · Avec des élections à venir en France, en Espagne, en Grèce et en Italie en 2027, le risque politique sera au centre des marchés obligataires souverains européens . Notre indice de fragilité politique (PFI), à haute fréquence, montre que l'Europe atteint un pic de fragilité. Construit à partir de données de sondages sur quatre facteurs : fragmentation, désaffection, polarisation et gouvernabilité, il place les Pays-Bas et la Belgique en tête sur la fragmentation (vote éclaté entre petits partis) et la France sur la polarisation (montée des extrêmes et des eurosceptiques). L'Allemagne et le Royaume-Uni enregistrent les plus fortes hausses depuis 2020, liées à un affaiblissement de la gouvernabilité. · Les primes de risque souverain (définies comme les écarts de swap d'actifs, ou ASW) n'ont jamais été aussi sensibles à la fragilité politique, et les institutions comptent davantage que le niveau de fragilité.